Un robinet ne passe inaperçu

27/03/2013 20:54:41

A cet endroit précis, les rails s’inversent.
Attends, je crois qu’on ne s’est pas compris : Il n’est pas question d’une Moselle où les trains roulent à droite, ni d’un mêle croisé de cheminots galopins, non.
A cet endroit, l’acier porte ses mains à son crâne et pousse un râle inhumain (normal). L’amplitude thermique journalière ne laisse que peu de place au rectiligne.
Des rangées.
De traverses.
Découvertes.

Les voyageurs qui s’en reviennent nous parlent d’un silence, tentent en mots de décrire l’absence, l’infini, le plomb.
Peine perdue.
Voit face à la plaine une tribune aux gradins de pierre ocre. Une quinzaine d’étages crénelés sous l’auvent monumental. Tu t’assois, on va dire, au quatrième rang en partant du haut.
L’ombre laisse circuler le vent chaud, mais ça va, posé là l’agréable, on se pâme balayé par le vide. Blanc éclatant, bleu radieux, un bicouche parfait en widescreen.

Genoux-coudes-paumes-menton. Introspecte en mâchant doucement. Qui fait de l’eau sa rareté ?
L’assemblée sous toit pèse.
Quelques Tucs traînent à l’arrière des banquettes.
Un peuple entier était là juché, l’attente inquiète, suivant la mise de l’anti-décibel.
Le sel, un feu rivage comme Aral.

Réactions...

Une mobylette sans roue est accrochée au mur, son phare est allumé aux heures d’ouverture

26/01/2013 19:00:39

On lit, on entend, il assit parle comme tout a, est, sera pondu depuis ces vingt-sept touches.
Présentement à grandes foulées sur l’erg, chronaute se gauss. Devant lui le cerf, brâme au coeur, fait de glace.
* sortie de petit calepin *
« Aujourd’hui virgule ai gouté un petit crustacé mammifère rongeur point Il se nommait Thfngû point. »
Et paf, bois dans le bide.
Quelques litres au grand air, une ôde à l’ensemble qui fut, à ses sous libres, maintenant passons au sujet qui nous préoccupe :

Un auteur peut-il imaginer en forme-vécue / décrire en caractère-défini / transmettre par son code-humain une histoire sans être ni appartenance, auquel un receveur ne saurait se reconnaître, et apprendre à ce même sa conception inconnue ?

Quelle frustration.
Y aurait-il intérêt à parcourir un ouvrage ne traitant que de non-ressenti, pour peu -fol hasard- que l’on en comprenne le sens ?

Ouvre tes volets la nuit sans nuage, et écoute cela-même. Autour flottent des contes qui ne nous sont destinés. Le vent, les quasars qui pétillent, l’eau qui coule à trente kilomètres d’ici.
De non-personnages qui.

Réactions...

Celui qui se ressemble

26/01/2013 18:39:28

La savane craque, feu de bois flotté. L’objectif panoramise vertical et suit les étincelles vers le tapis dépollué.
Déjà-vu.
C’est un vieil armateur, rames sur le côté, que la foule dévisage.
Il voudrait raconter la mer, ce que les vents changent sous les cris cormoran, et comme le sel fatigue les crevasses de la peau. Il aimerait vous noyer de pleins soleils couchants, d’horizons sans limite et d’ombres qui se perdent. Du seul clapotis qui vous reste à la fin.
Il pourrait aussi croire qu’il gagnerait un estuaire, un delta, une nouvelle embouchure, ramifiée de combats et de vins sans couleur. Mais son oeil tire plat, et sa verve s’épuise, gâchée des partis qu’il n’a prit et des femmes qu’il n’a apaisées.
Maintenant le spectateur se sent mal assis, ou la salle est trop chaude, car les bruissements d’inconfort vaguent sur les rangées. Le loup de mer est flou, et plutôt mal rasé. Il tente d’évader son public de rêves impossibles, de sons mirobolants, ou d’ouvrages bâclés. L’appât cerclé ne tenterait ni crabe, ni crevette, aussi soudain il s’arrête.
Comme dans toute bonne composite, il faut du cran pour éteindre le beat.

Réactions...

Wish You Were Here

06/10/2012 10:38:33

On m’aurait menti, car rien ne vient par l’ouest.
Passerelle d’acier, l’homme seul m’annonçait : « Goûtez tout ce que vous pouvez. » Il était Brésilien, et ses premières paroles furent la lettrine de mon vierge chemin. Tu m’avais bien vanté, et après coup si juste, qu’un buté comme moi seul pouvait l’ignorer. Ça me ressemble si bien, hein, tu commences à connaître… Il eût été dommage d’à prioris voiler mes yeux de p’tit gamin.
Alors me voilait, sortant dans la chaleur de l’été Japonais. Un tel réacteur, mais tous à ma hauteur.
Toi qui t’es oubliée, pourtant si vive usée, m’offrir dents sourires et tes bras m’indiquer : “Regarde par ici, écoute par là-bas !”

Et grâce à toi j’ai vu.
Et de ta voix j’ai su.

J’ai parcouru du temps sur v’là des kilomètres. Tout neuf dans la tête, tout pur sur les mains. Parfois ta compagnie, parfois ma solitude adorable et sauvage, mais ensemble dans les rues aux signes inconnus.
J’ai marché dans ta ville, multiples dimensions, désert assourdissant.
Je me suis arrêté dans la jungle, essuyé mes typhons, balayé mes contemplations.
J’ai marché dans les gens tout à fait par hasard, et n’ai jamais connu telles parfaites circonstances.
Je me suis arrêté nu dans l’eau, froide luminescente, brûlante ou poissonneuse, et partout délivrante.
J’ai marché ta montagne en suivant les cyclopes, tiré l’âme au soleil et cueilli le volcan où se posent aujourd’hui des dragons décimètre.
Aujourd’hui je m’arrête souvent, essayant de saisir l’instant sur le feu.

Toi qui m’a éveillé aux rayons étirés, toi qui a tant donné parce que tu croyais rendre; Si jamais il te reste trace de quelconque dette, tu peux laver l’éponge qui ne servira plus – l’ardoise immaculée décore les oubliettes.
Piment vert apaise les mémoires plaies, Amélie mille mercis, je te dois te revoir à genoux.

Réactions...

Aucun retour accepté, même avec l’emballage

10/09/2012 21:29:22

Partir pour quoi, partir pour qui, pour que soi se gratte l’existence. De même que l’écrit mieux se vide quand on souffre, la grâce mêlée des ondes et chimié ne s’avale que lorsque l’ombre grande.
La misère n’a temps, ne peux, n’imagine pas l’arpent, et comme il serait vache que toi si peux, si temps, n’aille pas trouver sandales.

Je suis un voyageur en instance de départ depuis cinq et soixante-dix. Animé d’inconnues passagères, je me trompais : Je ne suis ni une ville, ni un comptoir, mais une locomotive qui attend son feu.
Qui clenchera l’aiguillage de l’affolée balade ? C’est d’une motrice jante au sabot que je regarde transhumer les ruminants – mâchant sans chlorophylle de vieilles idées grangeuses, la tête fiêvrée de calculs encycliques.

Réactions...

Dniepr

23/08/2012 21:23:23

L’Ob coupa la route, si bien qu’aux caractères cyrilliques encore frais, je déposais mon barda ; On peut dire que j’avais pas chômé.

Autour de ce panneau d’espérance indicateur au pied corollé de touffes d’herbe descendantes directes de celles mâchées par les montures Mongoles, ben… d’autres touffes d’herbe. Je dirais quatre à six saisons d’ancienneté. D’aucuns bourrus, et dont l’Orient n’évoquerait pour eux que de basses montagnes, s’adresseraient volontiers à moi en ces termes :

« Môoon la grosse techa. »

Séant reposé à même mon couvre-chef intégral, mâchonnant un concentré nutritionnel, pas mal d’idées fourmillent dans mes greffons. Je me demande finalement s’il n’aurait pas mieux valu pour moi croiser leur route vers Byzance. Auraient-ils gardé une trace de cette tenue déplacée ? Les générations auraient-elles permis à ma légende de prendre forme, et mes lanceurs de l’interpréter correctement ?

Un léger vent se lève. Une pelletée de poules d’eau caquète entre les joncs et ne me prête aucune attention. C’est en prenant du recul sur ce trente-huitième jalon que le protocole m’apparaît soudain démaquillé.
Voyageur perdu, à la mission échouée pour cause d’erreur de translation, de manque de matériel, d’incapacité physique ou démystifié, disparais au Kamtchatcka, tu nous feras bien plaisir.

En l’occurrence, sagement carapaté de la future Ukraine.

Réactions...

Lion

07/08/2012 22:38:57

Il y a quelques heures, un vaisseau cargo inconnu s’est amarré à la station spatiale internationale. Au sol, sur terre, les gens regardaient les jeux olympiques, et l’évènement est passé complètement inaperçu. L’osef complet.

Les cinq astronautes soviétiques alors de permanence ne sont pas vraiment méfiés, le design si familier. Tout est allé très vite ; Du visuel au contact, quarante-et-une minute. Apparemment, le pilote savait ce qu’il faisait.

Silence radio depuis la Terre (400 m haie).

On nous dit jamais rien ! – Commandant Bubka, fâché

Il restait pas mal d’expériences complexes à terminer, alors les gars n’avaient pas tout l’après-midi. Au bout d’un quart d’heure non-américain, et après avoir vérifié l’atmosphère des auto-invités, le responsable de la mission décrétait qu’ils n’avaient pas que ça à foutre. Leurs gaz échangés dans un fin pshiii, les deux bouches rivetées se sont ouvert le sas.

Rien.

En pentagramme autour de l’orifice aphone, les visages des Héros ont échangés des regards malaisés dans tous les sens. Oh non les gars, pas cette réplique ridicule.

Ya quelqu’un ? – Premier lieutenant Alexeiev, candide

En réponse, le léger ronron de l’appareil continuait son monologue. Au fond du couloir visible, la décoration habituelle simulait parfaitement le Soyuz étalon : pas beaucoup d’espace, des tuyaux partout, des câbles parfois, des poignées, du papier alu jaune ça et là. Efficace, rangé, adélétère.

Un doute s’installait. Une tranquillité de miroir happait peu à peu la pression d’équipage.
Ce fut Vinokourov qui le premier cédait, sans retenue des autres qui emboîtèrent son vol :
Un à un s’emplânait dans l’habitacle sec, mût de bruissements coton et de poignées chopées.
Kareline, d’un geste aux yeux fermés, verrouillait leur mémoire une fois l’anneau passé.

Perchés en altitude, sa place à chacun naturelle, ils ont quitté l’orbite la conscience apaisée.

D’autres ont depuis pris place à bord de la déserte. Mais Moscou met en garde ses cosmo relâchés, qui parfois soupirant se pausent à l’écoutille, regard pointé lointain, et perdent vague espoir le museau sans buée.

Réactions...

Garantie décennale

31/07/2012 19:16:36

Bien.
Sois-en certain, tu ne retrouveras PatrikRoy. L’étincelle jadis d’un style bordélique – tranquille alignée l’incohérence – ça n’en fait rien à lire ; Aucune raison de vouloir perdre ce temps-là, regarde :

C’est nu qu’on nage et ne le saura jamais : être dans une grande femme. Ben voyons, cet endroit où (sans protection) les caténaires traversent la départementale, c’est tellement rassurant. Non, ne me dis pas, ne… me… dis… pas *snap snap*.

Même sonorité, hein ? De la démode, moi je dis.

Ce que rapporte la garantie, c’est plutôt son super-conquérant petits carreaux. Allez, rapporte. D’un coin de l’oeil, elle semble tout à fait ce qu’elle est : n’importe qui. Et vas-y que ça gratte sans lever la tête, sa bille bleue même pas classe.

Moi, voilà Penaud, je n’ose pas demander : Quelle est votre plus longue période sans écrire ? Pas plus tard qu’une liste de courses, un sms à deux fautes, une craie plein les mains.

Ici, le débit du Doubs est impressionnant, saules insensibles pourtant, mais jolie parabole de ce qui me sépare du précédent mien. Tant de moyens désormais, de vecteurs pour s’enfiler au post.

Mais je m’étale. Les cheveux attachés en brodel, la spirale sur les genoux, elle tourne la page au temps qu’il m’eût fallu un Rhodia onze dix-sept. Si toutefois le besoin pressait.

Et personne qui viendrait m’empêcher.

[pas mort pour rien] dix ans de peaux.

Réactions...

Prologue

31/07/2012 00:02:39

… y a quelqu’un ?

Vous vous êtes fait capturer dans un screenshot en 800×600 ? Fossiliser dans un concert d’Archive ? Vous n’êtes pas coincés dans la poubelle de Windows XP quand-même ?

Êtes-vous dans ces vieux mp3 que je n’écoute plus depuis longtemps ? Êtes-vous empêtrés dans le câble série de mon Olitec 56K ?

Où avez-vous disparu, les amis ? Vous les troubadours du Net, bande de doux-dingues en ligne, fous-furieux du modem !

Où vous êtes-vous inscrits, pionniers de l’ADSL, piliers de l’IRC, princes du kickban ?

Où êtes-vous partis, blogueurs d’antan, mercenaires des IRL, ambassadeurs du Paris-Carnet, vous qui êtes les années 80 des années 2000 ?

Où vont tapoter vos doigts, au bout lesquels se cachaient parfois des jeunes femmes aux petits seins très biens ?

Où êtes-vous tous passés, vous qui, à mes interrogations, m’auraient répondu en choeur : « dans ton cul ! »

Captain Telex

Réactions...

One Day = Six Pix | It’s a shaded, shaded world

08/08/2006 23:55:12

Parce que je n’ai plus de Fraps IRL, ce bridge bâtard, l’escale oubliée de mon (lointain) futur frangin de Saki, autant Gimper sévère mon temps déporté sur la machine. A savoir l’équivalent électrique d’un trépas pour l’instant impossible à coucher sur tft.

1 – Boire des coups avec les copains, ça manque, on se voit pas assez longtemps, on fait style on a une vie, ou les planètes ne s’alignent pas correctement pour concrétiser. Avec un espace tordu pareil, c’te brodel à viser.
2 – Parce qu’on peut jamais vraiment compter sur sa bagnole, s’arrêter à deux mètres de la deadline, c’est ma spécialité. Syndrome des projets pas finis. Le Stormtrooper est au pit stop jusqu’à ce que, me tapant la gueule sur la pomme, par hasard ma position nez-oeil corresponde au shortcut Quicktime Pro.
3 – “Alix, me dites pas que vous avez ramené PatrikRoy pour l’épisode ?” – “Baheuh il a pas grand chose à foutre au boulot, prof. Faut bien qu’il s’occupe. Alors il fait des drops de Visa sur ce qui lui passe à portée. Typique du quakeux malade en rade de frag.”
4 – Ça, c’est mon billiet pour Sigur Ros à l’Olympia. Wai ça date maintenant, mais depuis je me balade dans les bureaux avec ma tronche niaiseuse d’outre-tombe béate. Un peu à la Tom Cruise aussi.
5 – Des péons, une mine, du bois. Rien à faire, je m’emmerde toujours autant dans mon armure solo de palouf tête à claques. Vivement que le père Géradon huile sa souris flambante et qu’on détrône le gars Frouny de son échelle à crinoline. L’espoir, c’est un batracien avec meteofrance.fr en startup FireFox dans son bocal WiFi.
6 – Non, ce n’était pas mieux avant. Le body en Jersey bleu, dépassé. Un tour de soleil de plus, aussi dérisoire qu’une souris dans une usine Leerdamer. Faut penser Jedi, putain. Vers l’avenir. Là-bas. Non là, derrière. Non mais après le truc… euh là, juste le… mais NAN là ! Regarde ! Au bout du… oh et puis merde.

[pas mort pour rien] rebelote, mais sans le pistobouleur.

1 commentaire

« Older Entries